Anecdotes et Histoire
L'instrument de musique qui partait à la guerre.
L'Instrument de Guerre
La cornemuse écossaise est intimement liée à l'histoire militaire britannique. Les sonneurs marchaient en première ligne lors des batailles pour transmettre les ordres et soutenir le moral des troupes. Ce fut le cas lors de la Première Guerre Mondiale (notamment à la Somme ou à Loos où de nombreux pipers perdirent la vie). Lors de la Seconde Guerre Mondiale, bien que l'état-major ait interdit cette pratique jugée trop meurtrière, le célèbre piper Bill Millin a enfreint les ordres et joué sur Sword Beach lors du débarquement en Normandie en 1944. Les tireurs allemands ne l'auraient pas visé, pensant qu'il avait perdu la raison.
Le Mythe de la Proscription (1746)
Une légende tenace affirme que suite à la rébellion Jacobite (bataille de Culloden en 1746), le "Act of Proscription" aurait banni la cornemuse et le port du kilt, qualifiant la cornemuse d'arme de guerre. Si le port de la tenue des Highlands (le tartan) a bien été interdit pour casser le système clanique, aucune ligne du texte de loi ne mentionnait formellement l'interdiction de la cornemuse. Cependant, l'exécution symbolique du piper rebelle James Reid a contribué à forger cette légende martiale.
Les MacCrimmons, Légendes de l'Île de Skye
La famille MacCrimmon fut la plus célèbre dynastie de sonneurs de l'histoire (du 16ème au 18ème siècle). Ils servaient le clan MacLeod sur l'île de Skye. On raconte qu'ils possédaient une technique secrète, transmise de père en fils, et qu'ils ont élevé la composition du Piobaireachd (la musique classique de la cornemuse) à son apogée. Leur école à Borreraig était si réputée qu'il fallait y étudier pendant sept ans. La légende dit que leur talent venait d'un chanter d'argent offert par une fée.
Le Piobaireachd, la Musique Classique des Highlands
Connue sous le nom de Ceòl Mòr (la "grande musique"), c'est la forme la plus ancienne et la plus complexe de la musique de cornemuse. Elle consiste en un thème lent et majestueux (l'Urlar), suivi de variations mathématiques de plus en plus complexes et rapides. C'est le test ultime pour la justesse de l'instrument et la concentration du sonneur, un seul morceau pouvant durer entre 10 et 20 minutes.